Le PiS conserve la majorité absolue en Pologne

En place depuis 2015, le parti ultraconservateur nationaliste polonais Droit et Justice (PiS) a récolté les fruits de ses nombreuses mesures sociales. Appelés aux urnes dimanche 13 octobre, les Polonais ont renouvelé leur confiance : selon les premiers résultats, le PiX reste au pouvoir. Et confortablement.

En Pologne, dimanche 13 octobre était jour d’élection. A la sortie des bureaux de votes, le parti ultraconservateur Droit et Justice (PiS) était donné favori. Cela s’est confirmé dans la soirée, au fur et à mesure que le dépouillement avançait. Le parti conserve même sa majorité absolue avec 44,6% des voix au Parlement polonais. Sur les 460 sièges que compte la Diète, 239 d’entre eux seront occupés par un représentant du PiS.

L’opposition, représentée pour l’essentiel par le centre droit « Coalition civique », n’a obtenu que 26% des suffrages, pas assez donc pour espérer faire changer les choses. La gauche fait son retour au Parlement grâce à une coalition de partis qui totaliserait 12,3 %, suivie par la Coalition polonaise, une alliance autour du Parti paysan polonais (centre droit), à 8,6 %. L’alliance nationaliste et libérale Confédération fait quant à elle son entrée au Parlement avec 6,8 %, explique Toute l’Europe.

 Avec une participation en hausse établie à 61 %, ce serait près de sept millions de personnes qui auraient voté pour le PiS, ce que le parti interprète comme « un plébiscite« , selon RFI.

Une campagne PiS que jamais

Pour obtenir un tel résultat, le PiS a dû mener une campagne qui n’a pas fait dans la dentelle. « Insultes, attaques verbales, manifestations… Les militants des droits homosexuels ont été la cible privilégiée de cette campagne« , relève ainsi France 24. Le tout avec la bénédiction tacite de l’Eglise catholique, encore très présente en Pologne. « Il n’y avait pas de règles. Nous n’avions pas le sentiment que c’était un combat honnête, que ces élections étaient justes« , rapporte le chef de file de la Coalition civique Grzegorz Schetyna à propos de la campagne relate Politico. Mais le principal parti d’opposition n’avait rien présenté de vraiment important lors de la campagne, pas de quoi lutter contre les mesures menées par l’actuel gouvernement.

Favorisé par son bilan

Effectivement, la victoire du PiS s’explique surtout à cause de la bonne conjecture économique en Pologne. Depuis 1992, la croissance est presque ininterrompue, et le taux de chômage (à 5,1% de la population active), est au plus bas depuis trente ans. Si le gouvernement avait déjà mis en place des aides sociales populaires, telle qu' »une allocation de 125 euros pour tous, sans condition de ressource, dès le 2e enfant« , sa réélection pourrait le pousser à aller plus loin.

Cette large victoire aux élections pourrait également conforter le gouvernement dans son opposition à la Commission européenne. Jaroslaw Kaczyński, qui, comme le Hongrois Viktor Orban soutient davantage une Europe des Nations, refuse l’avancée fédéraliste encouragée par Berlin et Paris.

En attendant la formation d’un nouveau gouvernement, le pays peut d’ores et déjà se tourner vers la présidentielle, qui se tiendra au printemps 2020.

Chloé LOURENÇO