Malte ne se sort pas du scandale de meurtre et de corruption

Il y a un peu plus de deux ans, la journaliste Daphne Caruana Galizia était assassiné à Malte. Nous vous en parlions 6 mois après quand l’enquête a mis en évidence qu’elle avait été tuée à cause du dossier qu’elle suivait sur la corruption des dirigeants maltais. Depuis le gouvernement de l’île ne s’en sort pas.

Le gouvernement de Joseph Muscat a connu quelques remous ces dernières semaines. En effet, l’enquête sur l’assassinat de Daphne Caruana n’est pas bouclée. On ne sait toujours pas qui a commandité ce meurtre. Cette affaire est devenue le symbole de l’atteinte à la liberté des journalistes et l’anti-corruption. Malgré tout, et ce depuis deux ans, l’enquête piétine. Empêche-t-on de découvrir la vérité ? Protège-t-on les hauts gradés impliqués ? Les réponses sont sans doute oui mais les preuves manquent.

Démissions en série

Les dirigeants ne cessent de dire que tout est vrai. Cependant, deux ministres du gouvernement Muscat ont été mis en cause dans cette affaires. Ils ont été obligés à la démission courant novembre.

Joseph Muscat, lui-même, a été mis à rude épreuve. Le flou de l’affaire, de l’indépendance de la justice dans l’enquête et la suspicion sur ses deux ministres ont remis en doute sa volonté de mener à bien les investigations.

Il a tout d’abord exclu de démissionner. Mais sous la pression publique, il a été contraint à démissionner…mais pas tout de suite. Il a indiqué qu’il poserait sa démission officielle en mi-janvier avec un appel aux urnes anticipé.

L’UE préoccupée

La Commissaire à la Justice – jusqu’en novembre, sous la Commission Juncker – Vera Jourova, a fait part de « son inquiétude » face aux rebondissements de l’affaire Daphne. Cette dernière avait fait l’objet d’un projet visant à protéger les journalistes lanceurs d’alerte. Le système judiciaire maltais ne semble pas tout à fait indépendant de son pouvoir exécutif.

D’autre part, une commission du Parlement européen s’est rendue à la Valette en novembre pour constater les avancées de l’enquête. Les parlementaires ont fait un retour sur une situation floue, tendue et étrange. Ils s’inquiètent également de la stagnation de l’enquête et du léger investissement du gouvernement à trouver les coupables.

Saura-t-on un jour qui a commandité le meurtre de Daphne Caruana Galizia ? Sa famille mérite de savoir. Malheureusement, une journaliste fait-elle le poids face à des superpuissants ?

Wassila ZOUAG