La Croatie prend la présidence de l’UE et change de dirigeant !

Dimanche 5 janvier, la Croatie vivait son second tour des élections présidentielles…qui se tenait 5 jours après la prise de fonction du pays à la présidence de l’Union européenne.

Des résultats surprises

La Présidente sortante conservatrice Kolinda Grabar-Kitarovic affrontait l’ancien Premier ministre social-démocrate Zoran Milanovic. Et à la surprise générale, ce dernier a remporté le scrutin avec plus de 53% des voix. Les Croates ont rejeté le vote populiste.

Pourquoi une surprise ? Car le 1er tour l’annonçait bien derrière. Zoran Milanovic a été Premier ministre entre 2011 et 2016. Il a été confronté à la crise économique, à la crise des migrants mais il était au pouvoir lors de l’adhésion de la Croatie à l’Union européenne. Mais les reproches après ces 5 années au pouvoir ne lui présageaient pas un retour comme chef de l’Etat.

Kolinda Grabar-Kitarovic, quant à elle, a joui d’une bonne reconnaissance à l’international (les ferus de football l’auront reconnue comme la plus grande supportrice de la Croatie lors de la Coupe du monde 2018) mais enchaînait les conflits nationaux. La Croatie reste un pays bloqué à la guerre de l’ex-Yougoslavie des années 1990 et certains peinent à avancer. Le virage à droite de la conservatrice n’a pas convaincu. Sa volonté de défendre une Croatie nationaliste n’a pas fait le poids face aux arguments pro-européens et « Croatie normale » de M. Milanovic.

Cela peut ou pas impliquer un changement de gouvernement. Les Croates ont tendance à privilégier les cohabitations pour équilibrer les forces.

La Croatie à la tête de l’UE pour la première fois

Le pays occupe depuis le 1er janvier la présidence tournante de l’UE pour 6 mois, soit jusqu’au 30 juin 2020. Dernier pays entrant en 2013, c’est une première pour ce pays d’un peu plus de 4 millions d’habitants.

Le pays va avoir beaucoup de défis à relever : travailler avec la nouvelle Commission, la mise en place de l’ambition écologique, les tensions internationales, les négociations d’élargissement et bien évidemment le Brexit.

Avec un nouveau président, les messages que voudra porter le pays pourraient changer ou prendre un virage davantage européen et plus ouvert.

Comme la plupart des pays qui prennent la tête au Conseil européen, la Croatie aura beaucoup de travail mais ne fera sans doute pas de miracles en Europe.

Wassila ZOUAG