Brexit : cette fois, c'est la bonne !

Ah ! Le Brexit ! Il avait été annoncé en juin 2016, après un référendum dont l’issue avait fait trembler la sphère européenne toute entière. Depuis, le temps des négociations puis de la mise en application du Brexit commençait à sembler long aux Européens. Repoussé 3 fois, il a été accepté par la Reine voilà quelques semaines. Et aujourd’hui, 31 janvier 2020, le Brexit est une réalité.

Feuilleton à rebondissements

Tout à commencé lors de la campagne de David Cameron, alors qu’il briguait un second mandat. L’ancien Premier Ministre avait promis d’organiser avant 2017, un référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’UE. Promesse tenue : le 23 juin 2016, les Britanniques étaient appelés aux urnes. Jusque-là, rien que de très banal. Sur les deux rives de la Manche, personne ne croyait tellement à la sortie du Royaume de Sa Majesté. Et comme les pro-UE ne se sont pas beaucoup battus, les partisans du Brexit ont gagné.

Avec -seulement – 51,9% des voix, c’est le camp du Leave qui est donc sorti vainqueur. David Cameron a démissionné, laissant le bureau du 10 Downing Street à Theresa May. Cette fervente opposante au Brexit pendant la campagne a été chargée, pourtant, de le mettre en application. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela n’a pas été une mince affaire. Le divorce a commencé le 29 mars 2017, lorsque Theresa May active l’article 50, la mort dans l’âme. Ce petit article permettant d’entamer la procédure, dont personne ne connaissait l’existence jusqu’àlors, passe en quelques instants de l’ombre à la lumière !

A partir de ce jour, un compte à rebours s’enclenchait : le Royaume-Uni avait deux ans pour négocier sa sortie. L’UE engageait Michel Barnier pour défendre ses intérêts, un homme réputé calme, mais ferme et qui ne transigerait pas avec Londres.

Pourparlers, tons austères et sévérité de rigueurs, conseils après conseils, débats après débats, un accord était finalement trouvé le 25 novembre 2018. Malheureusement, il ne sera JAMAIS ratifié par le Parlement britannique, obligeant Theresa May à jeter l’éponge et à quitter le 10 Downing Street, les larmes aux yeux et la voix remplie de tristesse. C’est alors que BoJo, le bad boy du pays, l’ancien maire de Londres, celui qui a probablement entendu autant de critiques sur sa coupe de cheveux que sur sa politique, endosse le costume de Premier Ministre.

Get the Brexit done !

Boris Johnson, qui avait fait du Brexit une affaire personnelle et un thème récurrent de campagne, a exigé la tenue d’élections législatives anticipées afin de sortir de l’impasse. Le coup était risqué, mais il est toutefois sorti gagnant, chef d’une majorité absolue à la Chambre des Communes le 12 décembre 2019. Il n’a cessé depuis de marteler son leitmotiv « Get the Brexit done ! » Le Parlement nouvellement élu devait l’entendre : plus question de repousser ce Brexit qui commençait sérieusement à ressembler davantage au sparadrap du Capitaine Haddock qu’à une décision populaire. Le 31 janvier est donc le premier jour de l’Union européenne de nouveau à 27.

Et maintenant, que va-t-il se passer ?

Voilà une question récurrente lorsqu’on aborde la sujet du Brexit. En réalité, pas grand choses. Le « deal » obtenu par Johnson prévoit une période transitoire jusqu’à l’année prochaine (le 31 janvier 2021, donc). Pendant cette période, le Royaume-Uni ne participera plus à la vie institutionnelle, mais continuera de vivre selon les règles européennes. Pour le commun des mortels, le 31 janvier ne sera donc rien de plus extraordinaire que le lendemain du 30 et l’avant-veille de la Chandeleur !

L’incertitude qui dominait les débats politiques ne changera pas non plus. Londres et les 27 doivent maintenant se mettre d’accord sur un nouvel accord, commercial cette fois, qui définira les futures relations UE-Royaume-Uni.

Dans l’idéal, cet accord devrait entrer en vigueur en février 2021, après la période de transition. Mais il doit d’abord être signé et adopté dans tous les parlements nationaux ainsi qu’au Parlement européen. Et n’oublions pas que certains Etats sont des Etats fédéraux, et que par conséquent, cet accord doit aussi y être débattu…

Tout le monde au sein de l’Union européenne sait que ce nouvel accord sera difficile à obtenir. C’est pourquoi une extension de la période de transition d’un an ou deux est prévue. Pour les deux parties, la prochaine étape du divorce est fixée au 30 juin prochain, date à laquelle Boris Johnson décidera de rallonger ou non la période transitoire.

C’est donc une nouvelle fois la possibilité d’un « No Deal » qui est mis sur le devant de la scène. Effectivement, une séparation brutale entre Londres et Bruxelles est possible si aucun accord commercial n’est trouvé. Wait and see. Again !

Chloé LOURENÇO