[CORONAVIRUS] Et si les femmes avaient mieux géré la pandémie ?

Quel est le point commun entre Taïwan, l’Allemagne, l’Islande, la Finlande ou encore la Nouvelle-Zélande ? Tous ces pays sont dirigés par des femmes. Autre chose ? Ils ont tous eu une réponse très efficace lors de la pandémie que le monde traverse actuellement. S’il est vrai que pour la plupart, ce sont des îles ou des petits pays, il faut bien reconnaître que la gestion du Covid-19 s’est nettement mieux passée chez eux que chez nous. Effectivement, tous ces pays comptent bien moins de morts ou de cas de contamination. « OVNI » politique ou explication plus rationnelle ?

De haut en bas et de gauche à droite Angela Merkel (Allemagne), Tsai Ing-wen (Taïwan), Jacinda Ardern (Nouvelle-Zélande), Erna Solberg (Norvège), Sanna Marin (Finlande) et Mette Frederiksen (Danemark).

« Test, test, test »

Le dirigeant de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le disait déjà alors que la pandémie pointait seulement le bout de son nez : il faut tester les populations en masse afin de savoir qui est contagieux, qui est immunisé, qui a eu le virus et qui n’est pas protégé. Si de nombreux pays -France y compris- n’ont pas pu faire autant de tests que nécessaire à cause d’une pénurie de réactifs, l’Allemagne a entrepris très tôt une campagne massive de tests. C’est pourquoi, depuis quelques jours, le pays a assoupli ses mesures de confinement et autorisé la réouverture de certains commerces. La vie reprend doucement, mais la chancelière allemande, Angela Merkel a prévenu : au moindre cas suspect, à la moindre résurgence de coronavirus, le confinement le plus strict reprendra.

L’Islande a aussi fait le pari du dépistage. La Première ministre Katrín Jakobsdóttir, offre des tests gratuits à tous ces concitoyens. Les résultats serviront à réaliser une étude de cas clef dans la propagation et la mortalité du Covid-19. La plupart des pays ont limité les tests aux personnes présentant des symptômes actifs. En proportion de sa population, l’Islande a déjà dépisté cinq fois plus de personnes que la Corée du Sud, et a mis en place un système de suivi approfondi.

Technologie

En décembre dernier, Sanna Marin est devenue la plus jeune chef d’Etat du monde lorsqu’elle a été désignée Première ministre en Finlande. A 34 ans, cette jeune femme sait se servir des réseaux sociaux peut-être mieux que ses prédécesseurs, et est aussi consciente que beaucoup de ses concitoyens ne lisent pas la presse. le gouvernement finlandais a donc invité des influenceurs des médias sociaux de tous les âges à diffuser des informations factuelles sur la gestion de la pandémie.

En Norvège, la Première ministre Erna Solberg a, quant à elle, eu l’idée d’utiliser la télévision pour toucher les enfants. Elle s’est appuyée sur une expérience réalisée par son homologue danoise, Mette Frederiksen qui présentait les gestes barrière et la distanciation sociale aux enfants dans un conférence de presse interdite aux adultes. Dans cette courte conférence de presse de 3 minutes, les deux femmes politiques expliquent aux enfants du pays ce qu’il faut faire, et qu’il est normal d’avoir peur. Original et innovant.

Réactivité

Dans la crise du coronavirus actuelle, on a pu voir combien la réactivité peut sauver des vies. Taïwan a été parmi les plus rapides à réagir. Tsai Ing-wen a mis en place, dès début janvier 124 mesures pour bloquer la propagation, sans avoir à recourir aux mesures de confinement qui sont devenues courantes ailleurs. Elle envoie maintenant 10 millions de masques aux États-Unis et en Europe. Tsai Ing-wen a réussi ce que CNN a qualifié de « l’une des meilleures réponses au monde », maîtrisant l’épidémie, ne signalant toujours que six décès.

Pour la Nouvelle-Zélande, le problème venait de l’extérieur. Afin de protéger au maximum sa population, Jacinda Ardern à imposer l’auto-isolement des personnes entrant sur le territoire néo-zélandais. Elle a été la première à indiquer clairement le niveau d’alerte maximal dans le pays et a interdit l’entrée de nouvelles personnes. Même si l’île ne compte que peu de décès, elle refuse pourtant de lever les restrictions.

Toutes ces réactions empathiques ne sont certes pas l’apanage des femmes, et chez Voix d’Europe nous refusons de dire que seules les femmes en sont capables. Cependant, il faut bien constater que les pays dirigés par des hommes ont adopté un ton martial et autoritaire, alors que ceux dirigés par des femmes ont pris le problème différemment. Avec souvent, autant de résultat, sinon de meilleurs. Tout ne s’explique pas par le sexe du dirigeant, d’autres facteurs doivent être pris en compte pour expliquer que la pandémie ait été mieux contrôlée dans ces Etats, comme la taille des pays, le système de santé ou encore le stock de matériel de protection à disposition. Il faudrait toutefois regarder cette gestion « féminine » du Covid avec un autre oeil.

Chloé LOURENÇO