Que se passe-t-il en Corée du Nord?

Samedi 25 avril plusieurs médias asiatiques ont annoncé la mort de Kim Jong-un plombant le pays et les partenaires internationaux dans l’incertitude.

Plus de nouvelles de Kim Jong-un

Depuis le 11 avril dernier le monde n’a plus de nouvelles du leader nord-coréen Kim Jong-un. Ce manque n’a fait qu’alimenter les spéculations sur son état de santé. Kim Jong-un n’a pas participé au traditionnel hommage rendu pour l’anniversaire, le 15 avril, de son grand-père Kim Il-sung, ni aux cérémonies du 25 avril célébrant la création de l’armée du peuple. Pour contrer les rumeurs, le quotidien nord-coréen Rodong Sinmun a annoncé ce samedi 26 avril, qu’il avait adressé un message de félicitations aux travailleurs de Samjiyong. En effet le samedi 25 avril plusieurs médias en Chine et au Japon ont annoncé le décès du dictateur de 36 ans, qui règne d’une main de fer sur la Corée du Nord depuis décembre 2011.

Kim Jong-un serait mort ou se trouverait sur son lit de mort, sans espoir de récupération. La Chine a envoyé une équipe médicale chez ses voisins communistes pour vérifier l’état de santé du dirigeant et le conseiller. « Une délégation médicale chinoise menée par un haut représentant du département de liaison internationale du Parti communiste chinois (PCC) aurait quitté Pékin jeudi pour la Corée du Nord, afin de porter conseil à Kim Jong-un », nous expliquait Le Monde vendredi. C’est à cause de cette visite que l’information de la mort du leader aurait fuité. C’est la dirigeante d’une chaîne d’information de Hong Kong, qui a en effet annoncé que le chef d’Etat nord-coréen était mort, elle a posté une vidéo sur le réseau social chinois Weibo, citant une « source très solide ».

Kim Jong-un remplacé par sa soeur?

L’éventuelle mort du leader nord-coréen sème le doute sur sa succession mais apparement Jong-un avait déjà prévu cette éventualité et trouvé en sa soeur Kim Yo-jong le légitime successeur au pouvoir (ses enfants étant encore trop jeunes et son frère n’étant pas intéressé au poste). La dynastie des Kim débutée avec Kim Il-sung, le grand-père de Kim Jong-un, se perpétuerait avec sa sœur cadette, Kim Yo-jong, qui serait en bonne place pour devenir la première « dictatrice » au monde en effet si elle venait vraiment à s’asseoir sur le trône en Corée du Nord, il ne faut pas s’attendre à un assouplissement, Kim Yo-jung est connue pour être encore plis sanguinaire que son frère.

Certaines rumeurs laissaient entendre que la soeur du dirigeant nord-coréen, Kim Yo-jong, pourrait être en train de se préparer à le remplacer en tant que chef suprême. Des rapports disent qu’elle a été promue à un poste important en décembre 2019, un poste d’équivalent à celui de vice-président. Et le fait qu’elle succéderait à Kim Jong-un à sa mort aurait été à ce moment-là officialisé. « Kim Yo-jong a été officiellement nommé héritière en décembre 2019 par le Comité central du parti des travailleurs » a annoncé il y a quelques jours le quotidien japonais Yomiuri.

Cette décision n’est cependant pas si surprenante que ça, Kim Yo-jung travaille étroitement avec son frère depuis 2011 lorsqu’elle est nommée par Kim Jong-un au département de la communication étatique. La jeune femme, qui incarne une nouvelle génération de cadres du régime, doit alors bâtir l’image de Kim Jong-un et elle le fait dans l’ombre, puisque les médias d’Etat ne la citeront pour la première fois qu’en 2014, en marge d’un scrutin pour renouveler le Parlement. Fin 2014, Kim Jong-un la nomme vice-directrice de la propagande du régime dans un signe d’une confiance absolue. Dans le culte de la personnalité qu’elle forge autour de son aîné, elle s’attache à montrer un chef d’Etat bienveillant, accessible, à l’image de leur grand-père Kim Il-sung, fondateur du pays.

Il nous est impossible de savoir si les rumeurs autour l’état de santé du leader nord coréen sont vraies cependant la presse internationale bouillonnent et le théories sont de plus nombreuses et des fois extravagantes. Il ne nous reste plus qu’à attendre.

Natacha Da Rocha