#BlackLivesMatter

La mort de George Floyd, diffusée par une vidéo virale, a redémarré la mouvement américain #BlackLivesMatter qui, depuis presque une semaine, a relancé le débat des violences policières aux US ainsi que celui du racisme à l’échelle mondiale.

Cet article ne sera pas comme les autres. La particularité de Voix d’Europe c’est qu’elle essaye toujours de rester neutre mais lorsqu’on touche à des arguments comme le racisme c’est difficile de le faire…même pour nous.

Voix d’Europe naît d’une idée, la volonté de parler mieux d’Europe, parce que l’Europe est différente. Elle a plusieurs couleurs, plusieurs histoires, plusieurs langues. L’Union européenne naît de l’idée de vouloir réunir ses peuples car leur histoire est commune malgré toutes ces différences. Mais c’est un peu l’histoire de toute l’humanité ça, non?

Oui ! Et pourtant nous sommes en 2020 et des sujets comme le racisme font encore la une des journaux, puisqu’un homme noir se fait tuer aux Etat-Unis par la police car il avait sur lui un faux billet de 20$. Un autre homme blanc raconte sur Twitter s’être fait arrêter pour la même raison mais qu’il a pu tranquillement rentrer à la maison le soir et que cette histoire n’est qu’une anecdote qu’il raconte en soirée entre amis alors que George, lui, ne pourra plus rien raconter.

La mort de George Floyd, semble être celle de trop, trop après un confinement mondial ou nous avons TOUS, tels que nous sommes, été obligés de rester confinés. Le virus ne fait pas attention à la couleur de la peau. Il te prend et t’emporte tel que tu es. Et c’est peut-être pour ça que le mouvement semble prendre de l’ampleur aujourd’hui.

Tout le monde semble s’y mettre, les blancs qui, jusqu’à aujourd’hui ne voulaient pas trop se mêler, semblent d’un coup réaliser que leur voix est tout aussi importante, que leur « White privilege » peut être utilisé pour faire passer des messages plus facilement, pour peut-être sauver des vies lorsque, pendant des manifestations, ils se mettent devant des noirs agenouillés pour éviter que la police ne les charge. C’est de là que le changement commence, parce que c’est une bataille de tous, pas que des noirs.

Les stars et influenceurs aux millions d’abonnés utilisent leur plateformes pour faire passer des messages, des astuces, des concepts. Certains le font de bonne foi, d’autres pour suivre la foule mais l’important c’est que le message passe haut et fort. Il y en a marre.

Et après ?

Ensuite, il y a ce cher président américain qui, au lieu d’écouter les manifestants, ordonne à sa police de tirer sur ceux qui dérapent, qui menace avec des couvre-feu et le déploiement de l’armée. Le président américain qui s’enferme dans son bunker à la Maison-Blanche pendant la nuit parce qu’il a peur et qui, le lendemain se présente dans une église voisine, Bible à la main pour un semi-discours sur comment son pays « est grand. C’est ce que je pense. C’est le plus grand pays du monde. Nous allons le rendre encore plus grand« . Ce faux discours aura également outré l’archevêque de Washington qui espérait une prise de parole plus sensible de son président…

L’agacement face au racisme et ce qu’il se passe encore aujourd’hui aux Etats-Unis dépasse cette fois les frontières et s’éparpille un peu partout dans le monde. Des manifestations ont ainsi eu lieu à Londres, à Auckland, à Copenhague, à Berlin ou encore à Paris où les manifestants en ont profité pour scander le nom d’Adama Traoré, également tué suite à une interpellation policière qui ressemblerait beaucoup à celle de George Floyd. Plus de 20.000 personnes donc devant le tribunal de Paris. La manifestation, au début pacifiste, s’est terminée avec quelques incidents. Les personnes présentes affirment que ceux-là ont commencé lorsque la police a commencé à « gazer » les participants.

Adama et George, deux histoires qui se rencontrent donc parce que le problème n’est pas isolé à une seule région du monde. Le racisme est partout, prend des formes différentes, parle des langues différentes mais il est là, présent encore aujourd’hui. En 2020.

Penser que la couleur de la peau n’y est pour rien, c’est être naïf. Ne pas se poser la question, c’est connaitre déjà la réponse. Malheureusement en 2020, nous parlons encore de racisme et de personnes qui meurent parce que la couleur de leur peau est « différente ». Mais les différences n’étaient pas censées nous enrichir?

Voix d’Europe soutiendra toujours les mouvements qui essayent de rendre ce monde un peu meilleur.

#BlackLivesMatter

Natacha DA ROCHA et tout le reste de l’équipe de VDE