La Chine pointée du doigt

Après avoir eu les regards pointés sur elle suite aux manifestations d’Hong Kong et à la propagation du Coronavirus, la Chine fait à nouveau la une au niveau international suite au leak d’une vidéo sur le traitement de la communauté Ouïghour.

C’est une vidéo glaçante celle qui a été publiée sur plusieurs réseaux sociaux il y a quelques jours, des images vrai-semblablement prises depuis un drone montrent le déplacement de détenus dans le plus grand secret dans la province du Xinjiang en Chine. Les prisonniers, la tête rasée, un bandeau sur les yeux, les mains liées derrière le dos, surveillés par des hommes armés il est impossible si les images sont récentes ou pas mais en tout cas elles remettent à la une le traitement inhumain de la communauté Ouïghour de la part du gouvernement chinois.

Les Ouïghours, principalement musulmans et parlant pour la plupart une langue turcique, constituent l’un des 56 groupes ethniques en Chine. Ils représentent un peu moins de la moitié des 25 millions de personnes vivant au Xinjiang immense territoire semi-désertique du nord-ouest chinois longtemps frappé par des attentats meurtriers, attribués par Pékin à des séparatistes et des islamistes. Selon une étude publiée fin juin par la Jamestown Foundation, au moins un million de ces musulmans sunnites seraient internés dans ces camps d’endoctrinement dans le nord-ouest de la Chine.

Vingt-trois Etats (dont l’Allemagne, l’Australie, le Canada, les Etats-Unis, la France et le Japon) ont demandé à la Chine « de toute urgence [de s’abstenir] de détenir arbitrairement des Ouïghours et d’autres membres des communautés musulmanes« , l’enjoignant à « respecter ses lois nationales, ses obligations internationales et ses engagements pour le respect des droits de l’homme – dont la liberté de croyance – dans le Xinjiang et à travers la Chine« . Le gouvernement français dénonce une pratique « révoltante et inacceptable, et nous la condamnons fermement« , comme déclaré par le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire.

La Chine refuse toute accusation mais les rumeurs sur ses camps sont de plus en plus nombreuses et cette vidéo ne fait qu’aggraver la situation du pays.

Natacha Da Rocha