L’extrême-droite en berne en Europe

Les partis d’extrême-droite dans plusieurs pays traversent quelques turbulents. Changement de direction, frictions ou manifestations sont au programme.

En Allemagne, en France ou encore en Pologne, les partis populistes connaissent une mauvaise passe. Même s’ils veulent faire bonne figure officiellement, les faits sont là : des crises internes viennent les fragiliser.

En Allemagne, l’AfD (Alternative pour l’Allemagne, en français) subit des scissions. Certains cadres, plus radicaux, sont en désaccord avec l’aile plus conservatrice du parti. A un an des élections législatives, cela n’est pas de bon augure pour ce parti qui n’a cessé de progresser depuis 5 ans. D’un côté, il y a Andreas Kalbitz, proche des néonazis, de l’autre Jörg Meuthen, qui cherche à plus de respectabilité et une meilleur image. Leurs différends a eu raison de leur alliance. Andras Kablitz a été exclu du parti il y a quelques jours. Comment va fonctionner le parti ? Va-t-il continuer de prendre de l’importance ?

En France, le Rassemblement national (RN) a commencé à couper des têtes. Nicolas Bay et Gilbert Collard ont été évincés de la Commission d’investiture – qui sert à désigner les candidats aux différentes élections. Bien qu’on affirme en interne que cela n’a pas d’importante et que cela est d’un commun accord, il n’est pas difficile de comprendre que le parti commence déjà sa campagne présidentielle et nettoie d’ores et déjà les personnes susceptibles d’être gênantes.

Et enfin en Pologne, les manifestations contre le PiS (populiste) – réélu de justesse en juillet – sont de plus en plus importantes. Les positions très conservatrices, anti-Etat de droit et anti-LGBT ont réveillé quelques consciences parmi les Polonais – les plus europhiles notamment. Des milliers de personnes snt descendues dans la rue le week-end dernier. Les propos anti-LGBT de la part de l’exécutif polonais et de certaines municipalités – qui souhaitent des « zones sans LGBT » provoquent les communautés LGBT qui répondent par protestation, parfois violente. Déjà sur la sellette à Bruxelles pour non-respect de l’Etat de droit, le gouvernement polonais n’a pas l’air de remédier à la situation.

Bien que le temps ne soit pas au beau fixe pour les extrémistes populistes, il ne fait guère de doute qu’ils continueront à jouer malheureusement encore un rôle dans leur pays et également en Europe.

Wassila ZOUAG