Guerre diplomatique avec la Turquie

Depuis plusieurs semaines, la Turquie s’aventure dans les eaux territoriales grecques. Cette attaque frontale du Président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclenché une nouvelle guerre diplomatique entre le pays et l’Union européenne.

Le 11 août, la Turquie a envoyé un sous-marin et des navires militaires pour recherche d’hydrocarbures dans les eaux territoriales grecques. Il n’en fallait pas plus aux deux pays, déjà en froid sur la question de l’île de Chypre, pour raviver les tensions. Les autorités grecques ont sommé les Turcs à quitter les lieux. Sans succès. Refusant de céder, la Grèce a demandé un Conseil urgent et exceptionnel des ministre des Affaires étrangères des pays membres de l’Union européenne (CAE) qui s’est tenu le vendredi 14 août.

La Grèce a reçu le soutien des États membres, notamment celui de la France. L’UE a reconnu une situation « extrêmement préoccupante » tout en soulignant que le dialogue était à privilégier.

Néanmoins, la Turquie ne l’entend pas de cette façon. Réfutant toute concession, la Turquie se dit prête à défendre « jusqu’au bout les droits des Turcs et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale ». Des rumeurs, rapportées par Die Welt, indiquent même que la tête de l’Etat souhaite faire couler un navire grec ou bombarder un avion grec, tout en ne faisant pas de victime. Le but éttant de créer des incidents et de provoquer.

De son côté, la Grèce a déployé son armée au large de et sur l’île de Kastellorizo, épicentre de la bataille, depuis le 31 août. La Turquie a immédiatement exigé le retrait des troupes grecques. L’UE a appelé au calme et demandé à la Grèce de passer par la voie diplomatique, afin de privilégier la désescalade.

Pendant ce temps, Erdogan ne s’est pas gêné pour dénigrer les gouvernements français et grec. Pourquoi la France en particulier ? Parce qu’Emmanuel Macron n’a pas caché son soutien à la Grèce ces dernières semaines. « Cupides et incompétents », voilà comment le président turc a qualifié Paris et Athènes.

Cette guerre diplomatique ressemble peut-être à une saga de l’été mais pourrait très rapidement se transformer en une vraie guerre militaire. Cette montée de vives tensions n’est pas à prendre à la légère. Ni la Turquie ni la Grèce ne se laisseront faire. Malgré sa candidature (de 30 ans…) à l’Union européenne, Ankara a bien compris qu’une adhésion n’était pas près d’arriver et a décidé de se faire remarquer. Probablement pas dans le bon sens. Mais Erdogan en a-t-il encore quelque chose à faire de l’Europe ?

Wassila ZOUAG