L’héritage de Ruth Bader Ginsburg

Vendredi s’éteignait aux Etats-Unis Ruth Bader Ginsburg à l’âge de 87 ans des suite d’un cancer. Cette femme incroyable a fait l’histoire du pays en matière de justice, le pays est en deuil

Une femme dans l’histoire de la justice américaine

Ruth Bader Ginsburg naît le 15 mars 1933 à Brooklyn, à New York, du fait de son sexe elle est privée d’université. Ce sera sa mère mourante qui l’incitera à poursuivre ses études, sa mère mourra alors qu’elle est encore au lycée. Ruth intégrera alors l’université Cornell qui fait partie de l’Ivy League (meilleurs universités américaines), puis l’école de droit de Harvard qui alors était un bastion presque exclusivement masculin dont le doyen demandait aux rares femmes admises pourquoi elles viennent prendre « la place d’un homme compétent ».

Ginsburg fait ensuite un passage rapide à Columbia avec son mari mais sa carrière universitaire ne cesse de se heurter à un plafond de verre lié à son sexe. Un séjour en Suède lui permet cependant de découvrir un pays plus progressiste et de revenir aux Etats-Unis avec la volonté de changer les choses. En 1970 la première revue juridique exclusivement consacrée aux droits des femmes le Women’s Rights Law Reporter, deux ans plus tard, elle participe au lancement d’une section féminine au sein de la puissante association American Civil Liberties Union (Union américaine pour les libertés civiles, ou ACLU). Son caractère déterminé et fort lui permettent également de gagner 5 des 6 cas qu’elle a porté devant la Cour Suprême entre 1973 et 1976 dans des affaires de discriminations liées au sexe ou elle arrive à démontrer que ces discriminations peuvent pénaliser également les hommes.

Entre 1972 et 1980 Ruth enseignera à l’université de Columbia et Rutgers, elle fera une pause entre 1977 et 1978 car elle intégrera l’université de Standford en tant que chercheuse au Centre pour les études avancées en sciences du comportement. Elle sera nommée juge  à la Cour d’appel des États-Unis pour le circuit du district de Columbia en remplacement d’Harold Leventhal le 14 avril 1980, par le président Jimmy Carter.

C’est en 1993 que la plus grande reconnaissance lui est faite lorsque l’alors président Bill Clinton la nomme à la Cour suprême, elle sera seulement la a deuxième femme à siéger à la Cour suprême après Sandra Day O’Conner, considérée au début comme modérée elle développe de plus en plus des positions progressistes, les droits des femmes toujours à l’avant de ses idées et cela jusqu’à sa mort vendredi dernier.

Une campagne électorale enflammée

Après l’annoncé de son décès, la gauche et la droite américaine ont tous fait part du respect pour l’immense femme qu’était Ruth Bader Ginsburg, même le président Trump est paru touché par la disparition de « RBG » et a tenu a manifester son respect pour la femme. Son opposant Joe Biden a déclaré « Ruth Bader Ginsburg s’est battue pour nous tous, et elle était très aimée ».

Cependant cette disparition relance la campagne électorale qui s’enflamme de plus en plus, les démocrates perdent en effet encore une place à la Cour Suprême et une de ses personnalités les plus fortes, Biden a souligné cela « Les électeurs doivent choisir le président, et le président doit proposer un juge au Sénat » discours qui aurait été souligné par RBG elle-même  « Mon vœu le plus cher est de ne pas être remplacée tant qu’un nouveau président n’aura pas prêté serment » aurait-elle confié à sa petite fille Clara Spera.

La réponse du président américain ne s’est pas fait attendre et une liste de juges conservateurs, pour la plupart opposés à l’avortement et favorables au port d’armes a été publiée. Le président voudra-t-il s’assurer d’avoir un autre membre républicain à la Cour suprême avant les élections?

Le mois de novembre approche à grands pas et la campagne électorale devient de plus en plus dure des deux côtés et la perte d’une personnalité comme Ruth Bader Ginsburg est sans doute un tournant. Qui l’emportera? Rendez-vous le 3 novembre.

Natacha Da Rocha