L’opposition biélorusse gagne le prix Sakharov

 Le Parlement européen a décerné le prix Sakharov des droits de l’homme à «l’opposition démocratique» au gouvernement Bélarus.

Créé en 1988 par le Parlement européen, le prix Sakharov, qui prend le nom du scientifique et dissident soviétique Andreï Sakharov, honore les personnes ou les organisations qui ont consacré leur existence à la défense des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Le Parlement européen nomme les candidats aux prix. Ensuite, les nominations sont évaluées lors d’une réunion entre la commission des affaires étrangères, de la commission du développement et de la sous-commission des droits de l’Homme. Au mois d’octobre, après le vote final de la Conférence des présidents, le lauréat est annoncé. Le gagnant du prix Sakharov est doté de 50 000 euros, c’est enfin le président du Parlement européen en session plénière à Strasbourg qui remet le prix. Cette année c’est l’opposition biélorusse qui a remporté le prix Sakharov.

Le mouvement, porté principalement par des femmes, s’est enclenché depuis le scrutin présidentiel du 9 août, le pays est désormais le théâtre d’une contestation de masse inédite contre la réélection d’Alexandre Loukachenko, à la tête depuis 1994 d’un régime autoritaire. Une des opposantes, Svetlana Tikhanovskaïa, qui a dû se réfugier en Lituanie pour peur de représailles, neuf autres personnalités ont été saluées avec Svetlana dont les deux femmes qui ont fait campagne à ses côtés, Maria Kolesnikova, aujourd’hui emprisonnée, et Veronika Tsepkalo, en exil, ainsi que la lauréate du prix Nobel de littérature Svetlana Alexievitch. Mais aussi le mari de Svetlana Tikhanovskaïa, le blogueur Sergueï Tikhanovski, ainsi que Mikola Statkevitch, figure historique de l’opposition, tous deux en prison.

Les problèmes en Biélorussie sont cependant loin d’être résolus, mla quasi-totalité des personnes liées à Svetlana Tikhanovskaïa et au Conseil de coordination formé pour arracher une transition au pouvoir ont été incarcérées, assignées à résidence, ou contraintes à fuir à l’étranger. Malgré cela la population continue de manifester tous les dimanches même avec le risque d’arrestation et désormais la menace d’usage de balles réelles et de faire entendre sa voix contre ce qui peut être considéré comme un régime autoritaire qui empiète sur la démocratie du pays.

Natacha Da Rocha