Le Groupe de Visegrád

Réunissant 4 pays de l’Union européenne de l’Europe centrale, le groupe de Visegrád fait souvent parler de lui ces derniers temps. Surnommées aussi « V4 » ou « triangle de Visegrád« , la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie forment cette alliance.

Visegrád est une ville hongroise où, en 1335, les rois de Bohême, Pologne et Hongrie ont signé un traité d’alliance contre les Habsbourg. En 1991, à la chute de l’URSS, la Hongrie, la Pologne et la Tchéquoslovaquie (pas encore scindée en 2) veulent intégrer l’UE et décident de reformer le groupe de Visegrád pour accélérer leurs économies et leur adhésion.

Un pouvoir certes relatif…

La puissance du V4 est toujours relativisée. Peu de gens connaissent ce groupe, sauf les plus europhiles. Le groupe est constitué de 4 pays de l’Est avec assez peu d’influence et peu de moyens, par rapport aux mastodontes de l’Ouest. Au niveau de l’UE, on craint donc assez peu ce groupe.

Néanmoins, à l’échelle nationale de ces 4 pays, cette alliance permet une étendu d’influence régionale. La coopération reste constante entre les V4 et, forts d’une histoire commune, ont permis une avancée culturelle et intellectuelle au sein de la zone.

…mais plus de pouvoir à 4

La crise migratoire des dernières années a bien montré que ce groupe est petit mais assez puissant pour faire vaciller l’Union européenne. Les réunions du V4 se font de plus en plus fréquentes et mènent en général à des décisions plus drastiques que celles Bruxelles, remettant en cause l’unité des 27 (ex-28). Le groupe de Visegrád a refusé les quotas de migrants et remis en cause tout le système de Dublin.

Cependant, à 4, on a plus de pouvoir. Les grandes décisions de l’UE se faisant à l’unanimité, 4 vetos sont plus difficiles à éliminer qu’un seul. Emmanuel Macron a déclaré en 2017 « certains États d’Europe de l’Est trahissent, par une approche cynique de l’Union qui servirait à dépenser les crédits sans respecter les valeurs ».

Ce développement et cette multiplication de réunions ces dernières années sont sans doute dus au fait que ces pays sont désormais gouvernés par des partis populistes voire d’extrême-droite, anti-européens. Dans leur virage autoritaire, la Hongrie et la Pologne en particulier, ne respectent plus l’Etat de droit et d’autres valeurs fondamentales de l’Union. La Tchéquie et la Slovaquie dépendent un peu plus des deux autres pays et suivent généralement leurs positions.

Le groupe de Visegrád prenant plus de pouvoir, il n’a plus peur de s’affirmer et d’aller frontalement à l’encontre de l’UE. Dernier écho en date, le blocage du budget européen par le V4 la semaine dernière.

Le groupe de Visegrád n’est formé que de 4 pays mais arrivent très bien à affaiblir l’Union européenne et son image.

Wassila ZOUAG