2021, année européenne du rail !

On le sait, l’une des priorités de la Commission fonder Leyen est de promouvoir une Europe plus verte et plus respectueuse de l’environnement. Avec le Pacte Vert, lancé il y a environ un an, le défi semblait prêt à être relevé. Malheureusement, la crise sanitaire lié au Covid19 y a mis un sérieux coup d’arrêt. Voilà pourquoi l’année 2021 a été déclarée « Année européenne du rail », malgré un ralentissement des voyages des Européens.

La politique européenne des transports

Mentionné dès la signature du Traité de Rome en 1957, la politique européenne des transports a évolué lentement. Ce n’est qu’à partir de l’Acte Unique (1986) et plus encore à partir du Traité de Maastricht (1992) que l’UE donne un coup d’accélérateur. La mise en place d’un espace européen sans frontières intérieures s’est accompagnée d’une libéralisation du secteur des transports, sans pour autant éclipser la notion de service public, comme le souligne Toute l’Europe. Effectivement, il était absolument nécessaire d’instaurer une politique des commune transports avec la création de l’Espace Schengen.

A l’origine, aucun calendrier n’était prévu. Les Etats membres se sont montrés réticents à s’engager dans une véritable politique commune des transports, et des divergences de points de vue ont longtemps bloqué la plupart des initiatives. En 1986, l’Acte Unique fait disparaître la règle de l’unanimité pour l’adoption des mesures, ce qui, par conséquent, a permis de faire bouger les choses. L’accent est mis sur l’ouverture des marchés des transports aérien, fluvial, routier et maritime, qui vont progressivement s’ouvrir à la concurrence intracommunautaire. Par ailleurs, l’Union européenne intervient pour favoriser les interconnexions entre les Etats membres via sa politique de réseaux transeuropéens.

L’action de l’UE se focalise dès lors sur ces aspects, comme en témoigne le Livre Blanc de la Commission de 2001 sur la politique européenne des transports à l’horizon 2010, qui vise un rééquilibrage des différents modes de transports et marque la prise en compte des questions environnementales. D’ici 2050, la Commission espère faire baisser d’au moins 60% les émissions de carbone, et cela passe par la promotion du rail.

Année européenne du rail

Depuis le premier janvier, la Commission européenne a déclaré 2021 « Année européenne du rail« . En d’autres termes, elle souhaite apporter un éclairage nouveau sur ce mode de transport, parfois boudé par les Européens. Plusieurs activités donneront un coup de projecteur sur le rail afin d’encourager les citoyens et les entreprises à utiliser ce moyen de transport et de contribuer à l’objectif que s’est fixé l’UE dans le pacte vert pour l’Europe, à savoir parvenir à la neutralité climatique d’ici à 2050. Adina Vălean, commissaire chargée des transports, a déclaré: «Notre future mobilité doit être durable, sûre, confortable et abordable. Le rail répond à toutes ces exigences et à bien d’autres encore! L’Année européenne du rail nous donne l’occasion de redécouvrir ce mode de transport. Grâce à toute une série d’actions, cette initiative nous permettra d’exploiter pleinement le potentiel du rail. J’invite chacun d’entre vous à participer à l’Année européenne du rail.»

Pourquoi le rail ? Dans l’Union européenne, les transports représentent 25% des émissions de gaz à effet de serre. Le rail est le seul mode de transport ayant considérablement réduit ses émissions depuis 1990 et représente donc une excellente alternative pour voyager de façon durable et responsable. En effet, le transport ferroviaire n’est responsable que de 0,4% des émissions de C02. De plus, avec la crise du Covid, il a été prouvé que le rail était le seul transport qui pouvait assurer le convoi rapide des personnes et des biens tels que la nourriture, les médicaments et le carburant, dans des circonstances exceptionnelles.

2021 est essentielle pour la politique ferroviaire de l’UE, car elle sera la première année de mise en œuvre intégrale du 4ème paquet ferroviaire. Ce paquet législatif vise à créer un espace ferroviaire européen pleinement intégré, à supprimer les derniers obstacles institutionnels, juridiques et techniques et à soutenir la croissance économique.

Chloé LOURENÇO