La fin de l’Eurostar ?

Entre le Brexit et le Covid-19, l’Eurostar connaît des moments difficiles et est au bord de la faillite. Peut-on sauver ce pont entre la France et le Royaume-Uni ?

Symbole de la construction européenne

L’Eurostar est le lien entre le Royaume-Uni et le continent européen. Il relie Londres à Paris, Bruxelles et  Amsterdam depuis 1994. Des milliers de personnes utilisent ce train tous les jours entre les capitales européennes, pour des raisons professionnelles, privées ou bien touristiques.

Il est un des grands symboles de la construction européenne et fait office de pont – bien que sous terre – entre le Royaume-Uni et l’Europe, mais surtout entre les Anglais et les Français. Cela a rapproché les deux pays aussi bien géographiquement que diplomatiquement. La SNCF détient à 55% l’entreprise Eurostar.

Mais les derniers mois ont été rudes pour l’Eurostar, qui connaît une vraie crise existentielle.

Proche de la banqueroute

Le Brexit, un surtout un Brexit « dur », ont mis un premier coup de massue à l’Eurostar. La sortie de l’UE du Royaume-Uni a impliqué moins de moyens, moins de trafics, plus de contrôles douaniers et moins de passagers qui ont plus de difficultés à se rendre dans un sens ou dans l’autre.

Puis est arrivé le Covid-19 qui a mené les finances au bord du vide. Les confinements, les fermetures de frontières et maintenant le « variant anglais » ont mis à terre l’entreprise, avec une baisse de 95% du nombre de passagers. La situation actuelle est digne d’une catastrophe financière. L’Eurostar est proche de la banqueroute.

Des pertes d’emploi sont fortement à craindre, tant la situation est critique. C’est un vrai coup dur pour le transport européen d’une part, mais également et surtout britannique. Les échanges de marchandises sont notamment limités.

C’est ainsi qu’Eurostar a fait des demandes officielles aux gouvernements britannique et français pour obtenir de l’aide.

Réticences britanniques

Néanmoins, le gouvernement britannique est très réticent à l’idée de devoir aider une entreprise dont les parts sont majoritairement françaises. La Guerre de Cent ans n’a pas l’air d’être terminée, me direz-vous.

La direction d’Eurostar se plaint également du manque d’entrain des gouvernements à aider le monde ferroviaire, alors que de nombreuses aides ont été accordées au trafic aérien. Alors que le train est vu comme le moyen de transport le plus écologique, comment cela se fait-il qu’on aide davantage le monde aérien ?

Le contexte sonnera-t-il la fin de ce symbole ? Les prochains mois seront décisifs pour la survie de l’Eurostar.

Wassila ZOUAG