Le mécanisme européen de protection civile

Récemment déclenché pendant la crise sanitaire et pour l’Inde, le mécanisme européen de protection civile reste pourtant méconnue des Européens. À quoi sert-il ? Depuis quand ? Pourquoi ? Réponses ci-dessous.

Entré en vigueur en 2001, le mécanisme européen de protection civile (MEPC) permet aux pays de l’Union européen de mettre en commun un aide face à une situation d’urgence qui touche un des pays de l’UE ou bien un pays étranger, lorsque ce dernier ne peut y remédier seul. Le principe de solidarité, valeur fondamentale de l’Union, se met en place. L’aide apportée peut venir de différentes manières : sensibilisation, exercices, experts, envoi de troupes, de matériels ou de médecins, simulation. Tout ce qui peut limiter ou empêcher les catastrophes, dans la mesure du possible.

Les 27 États membres de l’UE font partie automatiquement du MEPC. A eux, s’ajoutent l’Islande, la Norvège, le Monténégro, la Serbie, la Turquie et la Macédoine du Nord. Ce qui nous fait un total de 37 pays participant au MEPC.

En 2013 et suite à différentes catastrophes (financières, écologies ou sanitaires), le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne ont voté une modification du MEPC et ont voulu renforcé son rôle avec plus de prévention et plus de réactivité au niveau de la gestion de crise et des risques. Cette révision a donné lieu à la création d’un centre de coordination de la réaction d’urgence (Emergency Response Coordination Centre), opérationnel 24h/24 tous les jours. Ce centre surveille les catastrophes et met en place les interventions entre les États si nécessaire. C’est le point de contact principal et de coordination pour un État en crise et pour les États qui viennent en aide à un autre.

Le mécanisme européenne protection civile est piloté par la Commission européenne via la Direction générale de l’aide humanitaire et de la gestion de crise. En effet, la protection civile va en général de pair avec une aide humanitaire. Le MEPC a pour but premier de protéger les civils touchés par une catastrophe. Si le pays concerné n’a plus les moyens de protéger la population, le MEPC organise une intervention et une mise à disposition de ressources. Tous les pays du monde peuvent demander une assistance auprès de l’UE pour déclencher le mécanisme de protection civile.

Types de situations pouvant déclencher le MEPC

Les catastrophes naturelles sont les principales cause de déclenchement du mécanisme : incendies, séismes, inondations, tsunamis, marées noires, etc… Les situations dites « humaines » comme les conflits armés en sont un autre exemple.

Les épidémies et crises sanitaires sont également des facteurs d’aides, notamment dans les régions les plus pauvres du monde.

Voici quelques exemples de situations d’urgence qui a enclenché le recours au MEPC : épidémie Ebola en Afrique de l’Ouest, les incendies au Portugal et en Suède, la crise migratoire en Europe ou bien évidemment le COVID-19 qui touche non seulement les pays européens mais aussi tout le reste de la planète. L’UE a déclenche le mécanisme pour l’Inde frappé de plein fouet cette semaine pour une nouvelle vague violente du coronavirus.

Budget

Pour les États membres de l’UE, une partie du budget européen est consacré au mécanisme européen de la protection civile, via la Commission européen qui pilote le centre de coordination, l’envoi de ressources. Le transport et la logistique sont également pris en compte par le MEPC. Les autres États participants financent également de leur côté le MEPC.

Pour la période 2014-2020, le budget alloué au MEPC était d’environ 368 millions d’euros dont 60% sont consacrés à la prévention et la préparation de réponse à une éventuelle crise dans l’UE. Le reste est pour toute autre crise extérieure à l’Union européenne.

Le mécanisme européen de protection civile est un des nombreux outils de l’Union européenne utilisé fréquemment mais dont peu de personnes ou médias parlent. Sur la base de la solidarité, les Européens viennent en aide à leurs voisins lorsqu’ils sont dans le besoin. L’UE n’est pas parfaite mais lorsqu’il y a des bons côtés comme celui-ci, il faut en discuter et informer les citoyens.

Wassila ZOUAG