Changement du système de vote au Conseil ?

« Je le dis donc ouvertement : le veto doit disparaître, même si cela signifie que nous pouvons être mis en minorité ». C’est par ces mots que le chef de la diplomatie allemand a indiqué vouloir lancer une procédure afin de supprimer le veto des États membres lors des votes du Conseil. Cette impulsion pourrait-elle faire changer les choses ? 

Un système actuel pénalisant 

Coup de tonnerre dans l’Union européenne ! Heiko Maas, ministre allemand des Affaires étrangères a annoncé la volonté de son pays à supprimer le veto qu’a chaque Etat membre de l’UE pour que « l’Europe ne soit plus prise en otage ».

En effet, certains domaines ou certaines compétences requiert le vote à l’unanimité. Tout pays membre peut donc s’opposer à une décision, à un vote. Cela bloque automatiquement le champ d’action et la mise en place du thème abordé. Cela met également en péril la cohésion de groupe et intensifie les animosités.

Ce système d’une « Europe à deux vitesses » fragilise l’UE et son image non seulement au sein même du continent mais également à l’international.

Le veto : l’arme fatale pour l’UE

A 27 États, on comprend pourquoi l’UE a dû mal à avancer et à avoir un avis uniforme et unanime. L’affaiblissement et le manque d’actions de l’Union viennent en partie de ce système de vote. 

La Hongrie et la Pologne ont beaucoup utilisé leur veto ces dernières années, notamment matière de politique étrangère lorsqu’il ne fallait pas froisser les géants chinois ou russe. 

Le retour et la généralisation du vote à la majorité reste la meilleure solution afin de faire avance les choses et avoir plus de prises de position de la part de l’Union. 

Mais ne faudra-t-il justement pas l’unanimité des 27 pour changer le système de vote ? Ce serait l’image parfaite du serpent qui se mord la queue. L’Allemagne vient de jeter le pavé dans la mare mais les négociations risquent d’être longues et houleuses.

Wassila ZOUAG