Suède : le Parlement renverse le gouvernement

Une majorité des députés ont voté, lundi, la motion de censure déposée par l’extrême droite et adoptée avec le soutien du Parti de gauche, des conservateurs et des chrétiens-démocrates, renversant ainsi le gouvernement en place. Retour sur un vote jamais vu dans le royaume scandinave.

Vote historique

« C’est un vote historique qui a eu lieu au Parlement suédois ce lundi 21 juin » annonce Le Monde. Effectivement, pour la première fois dans l’histoire du pays, un gouvernement a été renversé par un vote de défiance des députés. Le gouvernement, dirigé jusque-là par le par le social-démocrate Stefan Löfven, a été renversé par un vote de défiance du Parlement. Une motion a été déposée par les Démocrates de Suède (nationalistes) et soutenue par deux partis d’opposition de centre-droit, explique la BBC. “Le vote a rassemblé une majorité absolue de 181 députés sur les 349 élus du Riksdag”, l’assemblée législative suédoise, ajoutent Les Echos.

Dans cette situation de crise jamais vue, deux solutions s’offrent alors à Stefan Löfven : démissionner et laisser le président du Parlement entamer des négociations pour trouver une majorité capable de former un gouvernement ou organiser des élections, afin d’élire une Assemblée temporaire jusqu’aux législatives de 2022.

La Suède fait actuellement face à une crise politique sans précédent, mais à laquelle les citoyens s’attendaient. Au pouvoir depuis 2018, la coalition, composée de sociaux-démocrates et de Verts, devenait de plus en plus faible et instable. Les talents d’équilibriste du Premier Ministre n’y suffisaient plus.

Une crise née de l’encadrement des loyers

Pourquoi la Suède, pays européen d’ordinaire plutôt tranquille et dont on n’entend pas souvent parler, a-t-elle plongée dans une crise politique de cette sorte ? C’est “un projet préliminaire de libéralisation des loyers sur les logements neufs” qui a fait basculer le pays. En Suède, les loyers sont strictement encadrés et déterminés par des négociations collectives entre la principale association de locataires (Hyresgästföreningen) et les propriétaires. Le projet de réforme a été établi pour satisfaire l’un des alliés du Premier Ministre, afin qu’il puisse construire des logements neufs, puisque le système actuel est un frein. Une pilule difficile à avaler pour le Paris de gauche, qui pourtant soutenait la coalition.

Il faut ajouter que le parti de gauche avait déjà dû accepter la baisse de la fiscalité et la possibilité d’embaucher des migrants à des conditions moins favorables. Pour la cheffe de file du parti, trop c’est trop : elle avait lancé au gouvernement un ultimatum le 15 juin dernier. Lundi 21 juin, le vote s’est tenu à la demande du parti d’extrême droite des Démocrates de Suède, “qui ont sauté sur l’occasion offerte par ces dissensions gouvernementales” [Les Echos].

Stefan Löfven est lui aussi favorable au contrôle des loyers, mais cela pourrait lui coûter sa place. Affaire à suivre

Chloé LOURENÇO