Euro 2020: quand foot et politique se rencontrent

L’UEFA a fait face ces dernier jours a une pluie de critiques après avoir refusé à l’Allemagne d’afficher les couleurs du drapeau LGBT dans le stade de Munich pour le match contre la Hongrie, pays ayant fortement mis en avant sa politique anti-LGBT.

Tout le monde s’attendait une prise de position de l’instance européenne de football sur la question mais l’UEFA a préféré jouer la carte de la neutralité politique, ce choix n’a pas été apprécié par grand nombre de pays participant à l’Euro.

Nombreuses chef politiques européens ont déploré le refus de l’UEFA de laisser le stade de Munich s’illuminer aux couleurs de la communauté LGBT, dont le président français Emmanuel Macron qui a exprimé « une forme d’incompréhension » face à ce refus. L’UEFA a essayé de se rattraper en publiant un communiqué dans lequel elle réaffirme son « engagement ferme » contre l’homophobie et en changeant sur Twitter son propre logo aux couleurs d’un arc-en-ciel.

Mais le mal était déjà fait et en Allemagne un vaste mouvement de solidarité s’est déclenché notamment dans la capitale bavaroise où la mairie a pavoisé ses sites les plus emblématiques aux couleurs de la communauté LGTB durant le match de mercredi soir, la ville entend ainsi s’élever contre le vote mi-juin d’une loi en Hongrie, à l’initiative du parti souverainiste du Premier ministre Viktor Orban, interdisant notamment la diffusion aux mineurs de contenus sur l’homosexualité. Cette législation qui devrait entrer en vigueur à partir du 1 juillet avait déjà suscité la réaction Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, qui a fustigé le texte de loi allant à l’encontre « des valeurs fondamentales de l’UE » et même « une honte ». Plusieurs pays européens ont de plus signé une lettre, envoyée à Budapest, exprimant leurs préoccupations sur le sujet.

La question qui se pose donc est la suivante: l’UEFA devait-elle vraiment rester neutre sur ce sujet?

Natacha Da Rocha