HERA : outil divin de l’Europe contre les pandémies ?

La Commission européenne a lancé en début une consultation citoyenne sur un nouvel organisme de l’UE devant servir à préparer les dirigeants européens en cas de nouvelles urgences sanitaires.

La mise en place de l’Autorité de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire (HERA pour Health Emergency preparedness and Response Authority) a été annoncée officiellement par Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne dans son discours du State of the Union de septembre 2021.

Ne pas commettre les mêmes erreurs

HERA veut tout d’abord « renforcer la capacité de l’UE à prévenir, détecter et contrer rapidement » les prochaines pandémies. Cela passera par une plus grande coordination et plus de solidarité entre pays européennes ainsi qu’une réponse bien plus rapide et efficace. Cela n’aura échappé à personne qu’avec le Covid-19, les États européens ont mis du temps à prendre la menace sanitaire au sérieux et à réagir.

En cas de nouvelle épidémie, HERA aura la lourde tâche de gérer la crise sanitaire afin d’éviter tous les couacs survenus avec le Covid-19 comme le manque de masques, la pénurie de médicaments ou le manque de matériel médical.

L’autorité aura également comme objectif de contre-balancer le poids des laboratoires pharmaceutiques qui ont régné en maître depuis le début de la crise. L’indépendance est certainement le maître-mot de HERA : ne plus dépendre des lobbies pharmaceutiques ni d’autres pays comme la Chine qui représente la plus grande d’approvisionnement de matériel, stockage et distribution mondiale.

Un plan ambitieux ?

L’organe HERA sera opérationnelle d’ici début 2022 – soit dans 4 mois. Avec un budget d’environ 6 milliards d’euros, la Commission n’a pas lésiné sur les efforts. L’institution l’annonce indépendante (sur le même modèle que l’Agence européenne des médicaments) et comme « ressource partagée pour les États membres« . Tous les ans et ce jusqu’en 2025, le fonctionnement de l’organe sera revu, corrigé et réadapté aux besoins.

3 questions se posent dans cette proposition, aussi bien ambitieuse et bienveillante que questionnable.

Comment les pays européens vont-ils se répartir les ressources sachant qu’ils n’ont pas les mêmes populations, les mêmes services de santé, les mêmes budgets santé ? Rappelons que le domaine de la santé est toujours un domaine national, c’est-à-dire que chaque Etat gère ce domaine exclusivement, sans l’Union européenne. Un Etat est donc en droit de refuser d’y participer.

D’autre part, comment gérer les laboratoires pharmaceutiques tout en ayant conscience que le lobbyisme est très fort dans le domaine de la santé ?

Et enfin, comment retrouver une « souveraineté européenne » sur le matériel et les dispositifs médicaux face au marché mondial ?

HERA est un beau projet et permet à l’Union européenne de mettre un pied dans le domaine de la santé. Malgré son nom de déesse grecque, la tâche risque d’être compliquée quand on sait à quel point il est difficile de se mettre d’accord à 27 et contrer des géants pharmaceutiques et/ou économiques.

Wassila ZOUAG

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