Elections allemandes : le SPD en tête

Le SPD d’Olaf Scholz est arrivé légèrement en tête des élections fédérales outre-Rhin dimanche, avec 25,7% des voix, selon des résultats provisoires. Il se place favori pour succéder à Angela Merkel. Les sociaux-démocrates devancent d’une courte tête les conservateurs de la CDU-CSU, qui recueillent 24,1% des voix. Jamais les conservateurs n’étaient tombés sous le seuil de 30%. Les Verts arrivent en troisième position avec 14,8%, suivis par le parti libéral FDP avec 11,5%.

Ces derniers jours, l’écart entre le SPD et la CDU/CSU se resserrait chaque fois plus au fil des différents sondages. Les urnes ont parlé dimanche soir, mais les résultats placent malgré tout toujours les deux principaux adversaires dans un mouchoir de poche. Une coalition sera donc nécessaire pour administrer le pays, reste à savoir maintenant quand cette coalition sera faite. Les plus optimistes espèrent la voir avant Noël, mais il est probable qu’il faille attendre la fin décembre pour que l’Allemagne ne retrouve un chancelier.

Insatisfait par les résultats, le candidat CDU/CSU, le parti d’Angela Merkel, a déclaré : « Pour la première fois, selon toute vraisemblance, nous aurons une coalition composée de trois partis » « Nous avons reçu un mandat clair de nos électeurs : une voix à notre parti, c’est une voix claire contre un gouvernement de gauche. C’est pourquoi nous allons tout faire pour former un gouvernement. »  Jamais le parti n’avait obtenu de résultats si mauvais depuis 1949, et l’arrivée de Konrad Adenauer au pouvoir.

Les deux opposants sont au moins d’accord sur la nécessité de former un gouvernement rapidement, dans la mesure où l’Allemagne présidera le G7 en 2022.

Déception pour les Verts

Un temps donnés en tête, les Verts sont arrivés 3ème dimanche soir. Ils sont néanmoins des interlocuteurs incontournables dans les négociations qui s’annoncent sur une nouvelle coalition. Avec 14,8 % des voix au niveau fédéral, le score des écologistes, emmenés par la jeune candidate Annalena Baerbock, atteint pourtant un niveau historique. En 2017, lors du précédent scrutin, les Verts n’avaient remporté que 8,9 % des suffrages. A la suite de ces élections, le nombre de députés Verts au Bundestag passe de 67 à 110. Un record pour une formation politique qui n’a pourtant pas encore un quart de siècle ! De tels scores doivent certainement faire rêver nombre d’écologistes en France…

Et pourtant, paradoxalement, le parti d’Annalena Baerbock n’est pas heureux des résultats, tant il espérait mieux. La leader des Verts a expliqué « ne pas avoir atteint ses objectifs » et a reconnu avoir commis des erreurs, notamment dans l’inexactitude de son CV. Elle a d’ailleurs été battue dans sa circonscription de Potsdam par le candidat SPD, Olaf Scholz.

Quelle coalition possible ?

 En Allemagne, ce ne sont pas les électeurs qui élisent directement le chef du gouvernement mais les députés. Mais il sera difficile de constituer une majorité en raison de l’émiettement des suffrages lors de ce scrutin. Une coalition devra probablement réunir trois partis, du jamais-vu depuis les années 1950. « La partie de poker commence », constate ainsi le magazine Der Spiegel.

Plusieurs scénarios sont possibles : Le SPD pourrait s’allier avec les Verts, arrivés troisième du scrutin avec 14,8%, et les libéraux du FDP, un parti de droite qui a recueilli 11,5%. Mais les conservateurs de la CDU pourraient aussi gouverner avec les Verts et le FDP. Cependant, pour de nombreux Allemands, Olaf Scholz doit devenir le prochain chancelier. Voilà pourquoi il est probable que la première option soit privilégiée.

Chloé LOURENÇO