Dirigeants européens et corruption

Depuis quelques jours, plusieurs Gouvernements européens font face à des scandales frappant un ou plusieurs dirigeants. La corruption est de plus en plus visible en Europe et aussi de plus en plus dénoncée.

Démission et punition par les urnes

Sébastian Kurz, Chancelier autrichien, a annoncé le week-end dernier sa démission car il est soupçonné d’avoir utilisé les fonds publics pour son gain politique personnel. Notamment pour des sondages qui lui donnaient des opinions favorables.

Andrej Babis, Premier ministre tchèque, a été battu de justesse le 9 octobre dernier. Le populiste a fait la Une des journaux européens car il figure parmi les dirigeants des « Pandora Papers ». A l’heure où son pays fait face à des difficultés économiques, l’étendue de ses possessions et de ses comptes « offshore » n’ont pas visiblement pas plu aux Tchèques.

Des scandales de plus en plus fréquents

Ces deux exemples sont les derniers en date. Mais ces dernières années, il est force de constater que de plus en plus de scandales touchent les dirigeants de pays européens.

Est-ce que les dirigeants d’aujourd’hui sont plus corrompus que ceux d’il y a 30 ans ? La réponse est certainement non. A l’heure de la technologie et de l’information en continu, les dirigeants actuels se font juste plus facilement avoir.

L’Union européenne est censée défendre des valeurs de transparence, d’humanité et de droits. Mais que fait-elle pour combattre cette corruption au plus haut-niveau ? Difficile à dire. Il faut néanmoins nuancer les capacités d’action de l’UE : ces problèmes sont nationaux et il est compliqué pour Bruxelles de s’immiscer complètement dans des affaires nationales. Par exemple, la Bulgarie est certainement le pays européen le plus corrompu. L’Europe le sait, a émis « ses inquiétudes » comme à chaque fois mais n’a pas réellement entrepris de sanctions ou de mesures. L’affaire de Daphne Caruana Galizia a aussi démontré que le Gouvernement maltais n’était pas tout blanc et était impliqué de près ou de loin dans l’assassinat de cette journaliste en 2017.

La corruption révèle le vrai visage de nos dirigeants. A l’heure où toutes les informations sortent rapidement, les scandales se succèdent. Même si la corruption est chose courante dans ce monde, les personnes au pouvoir ne devraient pas s’en sortir aussi facilement, que ce soit au niveau national ou européen.

Wassila ZOUAG