[Portrait] Olaf Scholz, nouveau chancelier allemand

Ce 8 décembre, Angela Merkel passera la main de la Chancellerie fédérale après plus de 16 ans au pouvoir. Son remplaçant est Olaf Scholz, chef de file de la gauche allemande. Qui est cet homme qui aura la lourde tâche de succéder à « Mutti » ?

Né en juin 1958 à Osnabrück (alors en Allemagne de l’Ouest), Olaf Scholz est avocat de formation. Elevé et étudiant à Hambourg, il rejoint rapidement les rangs des jeunes du SPD (gauche) dans les années 1980.

Olaf Scholtz est marié depuis 1998 à Britta Ersnt, elle-même femme politique et ministre du Land de Brandebourg

Ascension politique

Tout d’abord penchant à l’extrême-gauche dans sa jeunesse, Olaf Scholz se montre plutôt anti-capitaliste à l’adolescence. Il s’inscrit ensuite chez les Jeunes socialistes du SPD (Jusos) et ne cache pas sa proximité avec les communistes, alors en RDA. Il s’oppose idéologiquement à plusieurs reprises aux gouvernements allemands, même du SPD.

Diplômé en 1984, il créé son cabinet d’avocats et exerce son métier tout en continuant son engagement politique. Trois ans plus, il quitte les Jusos pour l’Union internationale de la jeunesse socialiste (IUSY). Il reste affilié au SPD et devient en 1994 président de la section SPD d’Altona, quartier d’Hambourg. En 1998, il y remporte le siège de député au Bundestag. Il a 40 ans. En 2000, il prend la tête du SPD de Hambourg. Ainsi début sa vie sur le devant de la scène politique.

Il ne représente pas aux élections législatives de 2001 mis devient sénateur d’Hambourg. Il a du flair : cette élection est un échec cuisant pour le SPD. Néanmoins, il se représente aux élections fédérales de 2002 et redevient député de Hambourg puis est élu secrétaire général du SPD. L’Allemagne est alors encore dirigée par Gerard Schröder. Lorsque celui démissionne en 2004, Olaf Scholz quitte également ses fonctions nationales et la présidence locale à Hambourg.

En 2007, c’est la consécration : il devient ministre fédéral du Travail. Puis en 2009, il est vice-président du groupe parlementaire SPD au Bundestag et du parti lui-même. En 2011, il est premier bourgmestre d’Hambourg et est reconduit en 2015. Depuis 2018, il était vice-chancelier et ministre fédéral des Finances sous la coalition d’Angela Merkel.

En 2020, il est désigné à l’unanimité par le parti comme candidat à la Chancellerie dans le cadre des élections fédérales de septembre 2021, que le SPD remporte en majorité absolue. Il forme alors la coalition dite  » en feu tricolore » avec les Verts et les Libéraux-Démocrates (FDP) : le rouge étant la couleur du SPD, le jaune du FDP et le vert bien évidemment des Grünen. C’est cette coalition qui prend le pouvoir ce 8 décembre.

Un gauchiste conservateur

Malgré sa jeunesse proche des communistes, Olaf Scholtz se révèle être plutôt de la tendance conservatrice du SPD. Souvent qualifié d’austère et de robot, certains le surnomment « Scholzomat », jeu de mot entre son nom de famille et le mot « automate ». Il se proclame comme héritier d’Angela Merkel et note leurs points communs dans différents domaines. Drôle quand ils sont censés appartenir à deux partis opposés.

Plutôt pro-européen, Olaf Scholz suivra sans doute la ligne d’Angela Merkel concernant les relations de l’UE. noter qu’il effectuera sa première visite officielle à l’étranger, en France, à Paris en fin de semaine. Il rencontrera Emmanuel Macron.

Concernant l’écologie, Olaf Scholz veut pousser l’Allemagne vers une plus grande transition écologique et faire de son pays une de « ceux qui montrent la voie« . Sa coalitions avec les Verts n’y est certainement pas pour rien. Économiquement, Olaf Scholz a annoncé vouloir augmenter sur le salaire minimum.

Sur la question du Covid-19, il a d’ores et déjà indiqué qu’il rendrait la vaccination obligatoire pour les Allemands. Le pays fait face à une vague critique. Olaf Scholz voudra sans doute faire un virage à 180 par rapport à la politique moins stricte d’Angela Merkel.

Olaf Scholz est un politicien très expérimenté. Il a multiplié les mandats politiques et a patiemment attendu son heure. Pas novice pour un sou, il n’arrivera pas en terrain inconnu et saura déjà jongler dans les méandres de la politique. Arrivera-t-il à faire oublier rapidement Merkel ? Saura-t-il remonter l’Allemagne et la mener pendant cette crise ? L’avenir nous le dira.

Wassila ZOUAG

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