L’Euro a 20 ans !

Le chemin vers l’Euro commence en 1992, avec la signature du Traité de Maastricht. Les Européens d’alors souhaitent aller plus loin dans leur intégration et partager encore plus de choses. La monnaie semble une évidence. Le 1er janvier 2002, ce rêve devient une réalité pour 12 des 15 membres de l’UE de l’époque. Aujourd’hui, l’euro est le moyen de paiement légal dans 19 Etats de l’UE. A l’occasion de cet anniversaire, la BCE tente de donner un nouveau look à nos bons vieux billets ! Explications.

L’idée de créer une union économique et monétaire remonte à la fin des années 60. Le besoin d’un renforcement de la stabilité économique et d’une simplification du commerce transfrontalier constituait alors le grand argument en faveur de son adoption. L’euro a débuté son périple en 1999 quand onze pays (Autriche, Belgique, Finlande, France, Allemagne, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal et Espagne) ont fixé leur taux de change et créé une nouvelle monnaie avec une politique monétaire transférée à la Banque centrale européenne. À l’origine, l’euro était une monnaie invisible et a seulement été utilisé à des fins comptables. Trois ans plus tard, des pièces et des billets en euros sont entrés en circulation et les monnaies nationales ont été progressivement supprimées. Depuis, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, Chypre, Malte, la Slovaquie et la Slovénie ont rejoint le club.

Des visages sur nos billets ?

Pour ses 20 ans, l’Euro réfléchit à un nouveau look, un ravalement de façade, avec des visages d’artistes ou d’intellectuels européens. La BCE devrait sélectionner plusieurs figures historiques avant de soumettre le choix aux Européens eux-mêmes. Pourtant, les dirigeants monétaires d’il y a 20 ans avaient renoncé à faire figurer sur les billets des éléments du patrimoine historique européen. La raison ? Ces mêmes dirigeants avaient peur de froisser les susceptibilités nationales en choisissant un Européen plutôt qu’un autre.

Le parti-pris à l’époque a donc été de représenter sur nos billets des sites ou des monuments qui n’ont aucune ressemblance avec des sites existants. De cette façon, pas de jaloux !

Pourtant, le choix d’ajouter maintenant des personnages célèbres ou des figures emblématiques de l’Europe est important. Effectivement, c’est une façon de s’approprier la devise européenne « Unie dans la diversité » en la rattachant à l’histoire commune, de la rendre concrète, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Un hasard du calendrier ?

Tous les pays du monde représentent sur leur billets des personnages importants de leur histoire ou des sites patrimoniaux dont ils sont particulièrement fiers. Et ce n’est peut-être pas tout à fait un hasard si l’UE décide de faire ce changement de look maintenant, dans la mesure où en 20 ans, l’Euro a bien changé. Pour la première fois, la crise du Covid l’a fait ressemblé à une « vraie » monnaie. Premièrement parce que tous les pays de la zone Euro ont pu emprunter à coût nul, à taux zéro pour financer les dépenses extraordinaires de la lutte contre l’épidémie. Ensuite, parce que le plan de relance a été financé et décidé de façon mutualisé, une première pour l’UE. Il faut rappeler que ces deux choses auraient été impossibles à faire avec les monnaies nationales, beaucoup trop différentes les unes des autres. Les possibilités d’emprunt par exemple, auraient été proportionnelles à la crédibilité de chaque pays, et nous aurions forcément noté des disparités plus ou moins importantes entre le Nord et le Sud. L’Euro a donc servi de bouclier, et c’est très différent de ce qui s’était passé en 2008.

En 2008 donc, l’Euro avait causé de difficultés supplémentaires aux pays membres. Les pays du Nord, l’Allemagne en tête, avaient refusé la mutualisation des dettes, ce qui a par la suite provoqué la crise de l’Euro entre 2011 et 2012. L’activité avait rechuté uniquement en Europe alors qu’elle semblait repartir partout dans le monde. Finalement, le patron de la BCE d’alors, Mario Draghi, leur forcera un peu la main en mettant en place -déjà- un « quoi qu’il en coûte » qui sauvera l’Euro et calmera les marchés financiers instantanément.

Le changement de dirigeants peut en partie expliquer pourquoi l’affaire a été plus simplement mise en place cette fois-ci. Toutefois, le temps a passé et l’expérience de 2011 a permis à nos dirigeants actuels de voir les choses autrement. De plus, si la crise précédente était en partie causée par le comportement de certains Etats, comme la Grèce, cette fois-ci le problème est tout autre et parfaitement extérieur aux Etats : il s’agit d’un virus imprévisible et que personne n’avait vu venir.

Reste maintenant à choisir qui figurera sur nos billets d’Euro ! Des pronostics ?

Chloé LOURENCO

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