Journée internationale des droits des femmes, quelle situation en Europe ?

Le 8 mars est la journée internationale consacrée aux droits des femmes. Dans cette lutte pour l’égalité des sexes, quels constats tirer au sein de l’Union européenne ? Les écarts de traitement par le genre sont-ils gommés ? Un bref état des lieux non exhaustif permet de mettre en lumière la place qu’occupe cette question au sein de l’Union européenne et de ses institutions. 

Le 3 novembre 2021 à 9h22, l’ensemble des médias et du corps associatif militant dénonçaient les écarts salariaux entre les hommes et les femmes par cette formule : « […] ce mercredi 3 novembre et jusqu’à la fin de l’année 2021, les femmes travaillent « gratuitement » […]« . Cette date symbolique est calculée depuis 2015 par le collectif féministe « Les Glorieuses ». Et malgré ce que l’on pourrait penser, le constat n’est pas à une amélioration lente mais certaine puisque en 2020 les femmes étaient « payées » un jour de plus, soit jusqu’au 4 novembre. 

A l’occasion de la journée des droits des femmes 2022, zoom sur quelques actions mises en place par l’Union européenne pour gommer ces écarts. 

Une place qui reste encore à conquérir

C’est tout d’abord l’écart salarial qui vient à l’esprit lorsque l’on parle des différences de traitement entre les hommes et les femmes. Il apparaît toujours en effet que les femmes, à compétences et travail égal gagnent moins que leurs homologues masculins. Cette situation est unanime en Europe mais elle démontre de grandes différences suivant les pays membres. 

En 2019, selon les dernières données disponibles sur le site Eursotats, la situation en Europe concernant l’écart salarial entre les hommes et les femmes est encore à améliorer. La moyenne de l’Union européenne (27 états-membres) fait état d’un écart de 14.1%. La France, se situe dans le peloton de queue avec un écart de 16.5% alors que l’Estonie clôture la liste avec 21.7%. Les meilleurs élèves en la matière sont le Luxembourg en première position avec 1.3% d’écart suivi par la Roumanie avec 3.3%.

Toujours sur le plan européen, seulement sept femmes chefs d’Etat ou de gouvernement sont en place dans les 27 pays de l’Union. 

A l’heure actuelle, seules trois femmes se trouvent à la tête d’un Etat de l’Union européenne, Kersti Kaljulaid – Présidente de l’Estonie depuis 2016, Zuzana Čaputová – Cheffe de l’Etat Slovaque depuis 2019, Ekateríni Sakellaropoúlou – Présidente de la Grèce depuis 2020.

On compte également quatre femmes cheffes de gouvernement, Mette Frederiksen – Première ministre du Danemark depuis 2019, Sanna Marin – Cheffe du gouvernement finlandais depuis 2019, Ingrida Šimonyte – Première ministre de la Lituanie depuis 2020, Kaja Kallas – Cheffe du gouvernement de l’Estonie depuis janvier 2021

Le bilan en demi-teinte des institutions européennes

Du côté des institutions européennes, si l’on dénote des progrès sur les dernières années, les institutions restent toutefois encore très masculines comme le démontre une étude de l’AFP en 2019. 

Le Parlement européen n’a pas encore atteint une parité totale pour la mandature 2019-2024, néanmoins on peut noter une amélioration quasi-constance de sa composition en ce sens depuis les premières élections en 1979. La part de femmes dans l’assemblée européenne est ainsi passée de 15.2% à 40.4% en 2019. 

De plus, le nombre de femmes occupant des postes de haut niveau dans cette instance est également à souligner, ainsi 12 femmes ont été nommées commissaires pour 14 hommes en 2019. Sous cette mandature, huit des 14 vice-présidents sont des femmes et 11 des 22 présidents de commission. 

On notera également qu’en 2022, pour la première fois de son histoire, l’Union européenne peut s’enorgueillir d’avoir trois femmes à la tête de trois des sept institutions européennes qui sont également trois des plus puissantes à savoir, la Commission européenne avec Ursula von der Leyen, le Parlement européen avec Roberta Metsola et la Banque Centrale européenne avec Christine Lagarde. 

Un combat inscrit dès les débuts de l’Union européenne dans son ADN

Le principe de l’égalité homme-femme est récurrent dans la construction européenne. Il en cimente nombre de textes depuis sa création. La première mention date de 1965 avec le Traité de Rome. Depuis, le combat pour l’égalité homme-femme se retrouve dès l’article 2 du Traité sur l’Union européenne.

« L’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’État de droit, ainsi que de respect des droits de l’Homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités. Ces valeurs sont communes aux États membres dans une société caractérisée par le pluralisme, la non-discrimination, la tolérance, la justice, la solidarité et l’égalité entre les femmes et les hommes ». Selon l’article 2 du traité sur l’Union européenne (TUE)

En outre, le Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne établit par ailleurs le principe de l’égalité salariale pour un travail égal. On peut retrouver cette mention dans l’article 157 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.

« Chaque État membre assure l’application du principe de l’égalité des rémunérations entre travailleurs masculins et travailleurs féminins pour un même travail ou un travail de même valeur.  » Selon l’article 157, alinéa 1 du traité de fonctionnement de l’Union européenne (TFUE).

Les instances de l’Union européenne, bien que n’ayant pas de prérogatives spécifiques sur la question agissent pour sensibiliser à la situation des femmes. C’est ainsi le cas de la « semaine européenne de l’égalité des genres », organisée par le Parlement européen, qui aura vu sa deuxième édition en 2021. 

Les institutions, Commission européenne en tête, sont aussi les gardiennes des droits des citoyennes européennes au titre de la Charte européenne des droits fondamentaux rendue contraignante en 2009 et qui garantit l’égalité des genres. 

Si la situation des femmes et de l’égalité des genres restent encore une question d’actualité, l’Union européenne par le biais de ses institutions et représentants agit pour épauler ou pousser les Etats à adopter des législations qui permettront d’atteindre l’égalité des genres. Beaucoup de travail reste à effectuer entre instances européennes et instances nationales et locales. 

Article rédigé par le Centre Europe Direct de la Maison de l’Europe de Paris et publié en partenariat avec Voix d’Europe le 02/03/2022.

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