[LES CRITIQUES DE VDE] Simone, le voyage du siècle

Après La Môme et Grâce de Monaco, Olivier Dahan adapte le destin de celle qui reste dans notre mémoire comme la plus grande femme politique de notre histoire, Simone Veil. Le film, construit sous forme de flash-back successifs, fait défiler la vie de Simone Veil pendant 2h20. Simone n’est donc pas véritablement un biopic, mais davantage un portrait.

Le pitch

Tout est dit dans le titre. Le film traite du destin de Simone Veil, son enfance heureuse et insouciante à Nice, se combats politiques et ses tragédies. Fondé en grande partie sur l’autobiographie de Simone Veil parue en 2007, le film n’en reprend toutefois pas la trame chronologique.

Place aux émotions

En imbriquant intelligemment les différentes périodes de la vie de Simone Veil les unes dans les autres, Olivier Dahan donne du rythme au long-métrage. Il laisse beaucoup la place aux émotions, parfois fortes, souvent violentes, là où la véritable Simone Veil avait préféré, dans un ultime élan d’humilité, rester très factuelle.

De cette façon, tous les événements de sa vie sont mis en perspective. Son incroyable résilience est omniprésente. Tout tourne autour de la Shoah et de sa déportation, de ses souvenirs, de ses traumatismes. Il faut attendre les dernières 30 minutes du film pour voir les horreurs vécues et subies en déportation, et cela permet de comprendre presque tous les combats de cette Immortelle.

Son parcours hors du commun, fait aussi un détour par le Parlement européen et sa volonté de rapprocher les peuples. Le film permet alors de rappeler l’une des valeurs fondamentale de l’Union européenne et la raison principale de sa création : maintenir la paix entre les peuples, éviter un retour d’une guerre mondiale, de la haine et du fascisme. Sans être partisan, on y voit une Simone engagée, convaincue expliquant pourquoi il est extrêmement important de continuer de se battre pour l’Europe.

Ce film nous raconte l’histoire de Simone Weil aussi sous le prisme de ses doutes, de ses souffrances, et de ses origines. Il en devient à la fois instructif au niveau historique, mais tout aussi bien au niveau humain. Simone Le Voyage du siècle parvient à émouvoir, il transmet un message d’espoir, en rendant hommage à une personne qui n’a jamais cessé de lutter pour ses nobles convictions, et malgré un passé particulièrement sombre.

Des acteurs formidables

Le casting choisi pour incarner le couple Veil à différentes période de leurs vies est remarquable. Si l’on parle beaucoup d’Elsa Zylberstein, on notera la prestation fantastique de Rebecca Marder, jeune pensionnaire de la Comédie française. Tous sont impressionnants de vérité, tant et si bien qu’on a presque l’impression que Simone Veil sort de l’écran.

« Bientôt s’éteindra cette génération qui ne devait pas survivre » disait Simone Veil. Ce film magistral devrait être diffusé dans toutes les écoles afin que le « Plus jamais ça » prenne tout son sens.

Chloé LOURENCO