Quand le Brexit menace la paix entre les deux Irlande …

Il y a 20 ans, Londres et Dublin signait un accord de paix entre les deux Irlande. L’Accord du Vendredi Saint mettait ainsi fin à plus de trente ans de conflit entre protestants et catholiques. Cependant, depuis le mois de juin 2016, l’incertitude et l’inquiétude montent, au Nord comme au Sud : le Brexit, voté par référendum, pourrait effectivement signifier le rétablissement d’une frontière physique. Et menacer la paix ? 

L’Accord du Vendredi Saint en quelques mots 

En signant cet accord, le 10 avril 1998, l’Irlande  » a renoncé à revendiquer l’Irlande du Nord tandis que [le Royaume-Uni] a accepté qu’un vote populaire puisse dans l’avenir mener à la réunification et donc à la perte de sa province« , explique l‘Irish Independent. En outre, l’IRA et les groupes paramilitaires protestants étaient démantelés. Ainsi, il y a 20 ans, la frontière physique entre les deux moitiés de l’île disparaissait.

Tony Blair, ancien Premier ministre britannique, et Bertie Ahern, ex Taoiseach de République d’Irlande, signaient cet accord avec de l’espoir au bout de leurs stylos. Pourtant, deux décennies plus tard, le bilan est mitigé. Bien sûr, les armes se sont tues, mais dans certaines provinces et même à Belfast, la capitale d’Irlande du Nord, les deux communautés continuent de s’observer et se mélangent très peu. Les plaies n’ont pas toutes été pansées.

Le Brexit, poil à gratter 

Un long chemin reste donc à parcourir en matière de réconciliation et d’intégration. Et alors que l’Irlande doit gérer cet épineux problème, un autre vient s’y greffer. Le New York Times assure que « Le Brexit crée des problèmes particuliers pour l’Irlande du Nord qui, en tant que membre du Royaume-Uni, doit quitter l’Union européenne, tandis que l’Irlande restera membre du bloc« . Rappelons que la province nord de l’île avait voté en masse « Remain » en juin 2016.

Les négociations en cours à Bruxelles n’ont toujours pas réussi à déterminer la nature de la future frontière entre les deux pays, bien que Michel Barnier, négociateur pour l’UE en ait fait une priorité absolue. Cette situation inconfortable remet en question l’avenir à long terme de l’accord de paix.

La RTBF (Belgique) ajoute : « Britanniques et Européens se sont formellement engagés à ce que la frontière ne réapparaisse pas… mais sans rentrer vraiment dans le détail pour expliquer comment ils allaient s’y prendre. »

Deux solutions envisagées 

Sur ce point, Londres et Bruxelles semblent en désaccord. Pour le Royaume-Uni, qui souhaite quitter l’union douanière et le marché unique, les biens importés au sur le territoire national devront s’acquitter de droits de douane. Cela signifie donc qu’il pourrait y avoir un rétablissement de la frontière terrestre entre les deux moitiés. Cela aurait un effet catastrophique pour l’économie des deux parties de l’île.

La solution retenue par Bruxelles est moins brutale. L’idée serait de repousser la frontière en mer d’Irlande ou dans les ports. Le seul « problème » est que les unionistes ne veulent pas en entendre parler : cela favoriserait k’unité de l’île.

Les citoyens irlandais de leur côté, observent avec attention les négociations. Peu importe la solution retenue, les échanges de toutes sortes seront probablement plus compliqués et susceptibles de raviver les tensions. Affaire à suivre…

Chloé LOURENÇO